Ce blog que nous avons créé, a pour but de vous informer de la présence d'esclavage moderne dans le monde d'aujourd'hui. Notre problématique est la suivante:

Dans quelle mesure l’esclavage moderne est-il toujours présent dans le monde en 2017 ? 

 


SOMMAIRE:

Avant-propos 

Introduction générale 

I- De l’esclavage à l’esclavage moderne 

1-1- L’Histoire de l’esclavage

1-2- Les formes d’esclavage moderne 

  •       1.2.1- Le proxénétisme 
  •       1.2.2- Le mariage forcé 
  •       1.2.3- Les enfants dans les mines et usines 
  •       1.2.4- Le travail forcé, l’esclavage domestique 
  •       1.2.5- L’esclavagisme lié au terrorisme 

1.3- Les victimes  

II. L’esclavage moderne dans le monde

2.1- Les pays pauvres 

  •          2.1.1- Les pays d’Afrique 
  •          2.1.2- Les pays d’Asie du Sud Est

2.2- Les pays en voie de développement

  •          2.2.1- Le Brésil 
  •          2.2.2- La Thaïlande
  •          2.2.3- La Chine
  •          2.2.4- Le Maroc

2.3- Les pays développés 

  •          2.3.1- Les Etats-Unis
  •          2.3.2- L’Allemagne 

III.  Comment malgré les lois, peut il y avoir encore de l'esclavage moderne en  2017 ?

3.1- Les lois, textes et conventions internationales 

3.2- Les Organisations Internationales, les Associations et ONG

3.3- Pourquoi l’esclavagisme moderne existe- t-il toujours ? 

3.4- Les différentes interprétations de la notion de travail par les acteurs économiques aujourd’hui

 

Conclusion générale

 


 

 

Avant-propos

 Lors de ce travail chaque groupe d’élèves a choisi un sujet en le présentant de manière constructive. Le sujet que nous avons préféré se situe dans l’axe de recherche du droit. Nous avons décidé de nous interesser au thème de l’esclavagisme car nous pensons que c’est un sujet très présent aujourd’hui mais peu médiatisé. Ce travail a pour but de montrer que l’esclavage est bien un sujet d’actualité dans le monde d’aujourd’hui.

De plus, nous avons trouvé utile de retranscrire les éléments de notre recherche sur un blog[1] que nous avons créé afin de partager les résultats de ce TPE avec d’autres élèves ayant les mêmes centres d’intérêts que nous.

Source : http://reliefweb.int/report/world/anatomie-de-lesclavage-moderne 

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Source : http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/lesclavage-moderne-sous-toutes-ses-formes/

Introduction générale

 

Un esclave est un individu dépendant d’un maître ; il est utilisé comme un bien matériel qui peut être vendu, loué et/ou acheté. Cet individu est privé de toute liberté, soumis à un travail forcé souvent non rémunéré. Il peut subir des violences physiques et des pressions psychologiques.

La situation d’esclavage a évolué au fil du temps, et est maintenant remplacée par ce que l’on nomme l’esclavage moderne. Cela correspond à une multiplication, une diversification des formes que représente cet esclavage :

- le travail forcé (dont l’esclavage domestique) ;

- le proxénétisme (l’exploitation sexuelle) ;

- le travail d’enfants dans les mines et les usines ;

- le mariage forcé ;

- l’esclavagisme lié au térrorisme…

La liberté est restreinte et presque inaccessible. On coupe l’individu de ses repères sociaux, culturels, familliaux… pour le rendre entièrement dépendant et docile !

Durant ce travail, la problématique que nous avons décidé de traiter est la suivante :

 

Dans quelle mesure l’esclavage moderne est-il toujours présent dans le monde en 2017 ?

 

Pour la traiter, nous avons choisi de présenter les caractéristiques de l’esclavage moderne, puis de voir comment elles se traduisent  dans quelques pays et pour finir, d’étudier, pourquoi, malgré les lois existantes, l’esclavage existe toujours ?

 

I. De l’esclavage à l’esclavage moderne

1.1-     L’Histoire de l’esclavage

 

Dès la période Néolithique, durant la préhistoire, on peut parler d’esclavage ! Le problème n’est donc pas nouveau mais malheureusement plus que jamais d’actualité, comme nous allons le voir.

A l’antiquité, les traites orientales et transsahariennes organisées par les Arabes durent près de treize siècles et succèdent à la traite des slaves durant toute l'époque carolingienne. Elles se distinguent par la castration systématique et massive des esclaves, et l'infanticide, ce qui explique l'absence de leurs descendants dans de nombreux pays musulmans.

Au XVe siècle, l'esclavage de type colonial apparaît lorsque les Portugais, sous la direction d'Henri le Navigateur, capturent ou achètent des captifs africains pour les déporter vers leurs colonies de Madère et du Cap Vert.

L'année 1674 correspond à un grand changement pour l'esclavage. Jusque-là, depuis des siècles, des Africains sont essentiellement emmenés à travers le Sahara vers les pays du monde arabe, où ils deviennent esclaves. Le commerce triangulaire prend son essor à partir de 1674, l'année où les Français et les Anglais se lancent en même temps sur le marché et disputent aux Hollandais le monopole du transport des esclaves de la côte africaine vers les Amériques, où deux grandes îles, la Jamaïque et Saint-Domingue et trois petites, la Martinique, la Guadeloupe et la Barbade deviennent la principale zone mondiale d'importation des esclaves.

Les hommes de peau noire sont fortement exploités entre le XVI° et le XIX° siècle, notamment à cause des principes de ce commerce triangulaire. Les femmes servent et cuisinent au nom des nobles qui les soumettent et les traitent comme une race inferieure (travail domestique). Les hommes travaillent le plus souvent très durement, dans les champs de coton et de cannes à sucre.

Aujourd’hui, l’esclavage s’est diversifié et est, donc, encore plus difficile à combattre.

 

 

1.2- Les formes d’esclavage moderne

                   1.2.1- Le proxénétisme

En France, d’après « Le Monde » du 6 avril 2016, on estime, en 2016, le nombre de prostituées entre 30 000 et 40 000. Selon La Cimade (association de défense des étrangers) près de 90% des prostituées sont d’origines étrangères.

De nombreux reportages télévisés ont été réalisés sur le sujet de la prostitution. Citons entre autre les émissions « Enquête Exclusive » du 4 mars 2016 ou « Sept à Huit » nommée « prostitution : les mille et une nuits de Marrakech » en juin 2016.

La prostitution forcée semble commencer par le trafic de migrants notamment pour la plupart, de jeunes femmes mineures et d’enfants. Ces migrants viennent le plus souvent d’Europe Centrale et des pays de l’Est ainsi que d’Afrique et d’Asie. C’est à cause de la pauvreté, des discriminations et de l’exclusion mais aussi bien sûr à cause des guerres, que ce trafic de femmes et d’enfants se développe.

A leur arrivée dans un nouveau pays, où les changements sont toujours brutaux (culture, climat, alimentation… différentes), les enfants et les femmes découvrent une situation très éloignée de celle dont ils rêvent. Certains, plus vulnérables que les autres, peuvent rapidement devenir des victimes sexuelles, obligées de se prostituer chaque jour.

Ainsi, la prostitution forcée est l’une des plus importantes sources d’argent non-déclaré ; les femmes peuvent être revendues plusieurs fois. Elles sont séquestrées et coupées du monde et n’ont donc aucune connaissance de leurs droits.

Des dizaines d’exemples de réseaux de prostitution démantelés peuvent être trouvés, en France, comme dans le reste du monde.

Le 13 septembre 2016, un réseau est dévoilé et l’ensemble des responsables sont arrêtés en France, à Metz et à Paris. D’origine Nigérianes, une trentaine de filles, entre 18 et 25 ans, se prostituent dans des appartements parisiens pour payer des dettes contractées lors de leur arrivée en France. Passées par le Niger, la Libye puis l’Italie, chacune doit rembourser le « prix » de son voyage : 40 000 à 50000 euros d’après la source journalistique (source : « 20 minutes », du 16 septembre 2016).

D’après « l’Express » du 12 décembre 2013, beaucoup de filles tombent dans le piège d’internet. Pensant répondre à une offre d’emploi dans le baby-sitting, le mannequinat, l’emploi à domicile…elles se mettent en fait, à leur insu, en relation avec des réseaux de prostitution. Il est précisé, dans ce même article, qu’ « une prostituée rapporte en moyenne 150.000 euros par an à son proxénète ». On comprend mieux le développement permanent de cette forme d’esclavage moderne.

De nombreuses femmes tentent de se révolter, de s’enfuir de ces réseaux. Mais elles subissent l’humiliation continuelle de leur proxénète (violences, viols, insultes…) ; les  « fortes têtes » sont tout de suite recadrées et si cela ne suffit pas, de nombreux exemples montrent que des filles ont été assassinées. D’après le magazine « 20 minutes » du 10 novembre 2016, une jeune prostituée de 33 ans a été tuée à Nantes puis brulée par son proxénète.

Autre exemple trouvé dans « France Soir » du 10 Novembre 2016, même jour donc… Une prostituée espagnole de 26 ans est retrouvée calcinée dans son appartement. Il s’avère qu’elle a été poignardée la veille de l’incendie.

Et les exemples sont encore nombreux, en France comme dans le monde.

D’après un témoignage du site « France soir » en 2010, on retrouve le sentiment d’inhumanité des trafiquants de prostitution : Une jeune roumaine témoigne : « Le trafiquant nous menaçait de mort sans arrêt […]. Un jour, il a tué une fille devant nous : une balle dans la tête, parce qu’elle menaçait de se suicider et que ça faisait fuir le client ».

Dans le graphique suivant tiré de l’Eurostat en 2014, on s’aperçoit que chez les femmes victimes de l’esclavage moderne, 85% sont exploitées sexuellement, 7% sont victimes  de travaux forcés et 8%  sont confrontées à d’autres formes d’esclavages.

 

           Capture

Chez les hommes victimes de cet esclavage contemporain, on retrouve  beaucoup d’entre eux soumis au travail forcé (64%) ; 14% sont victimes d’exploitation sexuelle et les 22% restants, sont également utilisés pour d’autres formes d’esclavage.

 

A

http://stopauxenfantspauvres.skyrock.com/

 

1.2.2- Le mariage forcé

En France, et plus globalement dans l’ensemble des pays occidentaux le mariage forcé est un principe illégal. Son but est de marier deux personnes contre leur volonté, c’est à dire sous contrainte ; il s’agit, donc, bien d’esclavage moderne.

La famille, souvent la cause de ces mariages, poussent les enfants à se marier à une autre personne qui est parfois elle-même forcée par sa famille. La religion est un des principaux enjeux mais il ne s'agit pas seulement de cela ; beaucoup parlent de traditions familiales.

Les raisons fréquemment évoquées, à l’origine d’un mariage forcé sont :

  • une affaire de famille : certains parents considèrent le mariage comme un acte social, qui ne nécessite pas l’avis de leur enfant ;
  • la protection des filles : les parents cherchent à assurer le meilleur avenir à leur fille et la confie donc à une famille de confiance ayant des liens d’honneur ;
  • la famille est en situation d’exil : pour prolonger les alliances religieuses ou culturelles de leur pays d’origine, certaines familles préfèrent conserver les liens de communauté au-delà des frontières ;
  • pour contrôler  la sexualité des filles : certains parents, craignant des grossesses hors mariage, préfèrent éviter toutes fréquentations non souhaitées et organisent eux-mêmes la préservation de l’honneur familial ;
  • une garantie sociale et financière : c’est un moyen, dans certaines familles de faire accéder leur fille à un niveau de vie économique bien plus intéressant que le leur…

Les mariages forcés sont une privation des droits fondamentaux, qui touchent principalement les femmes, mais aussi les hommes.

D’après une étude faite par « l’observatoire des violences faites aux femmes » n° 3 d’Octobre 2014, « les mariages forcés s’accompagnent de violences multiples, avant comme après le mariage » :

  •  violences verbales et pressions psychologiques : humiliations, chantage, culpabilisation, menaces, insultes etc…
  •  violences physiques : coups, séquestrations, grossesses non désirées, voir plus grave tentatives de meurtre etc…

Une enquête de « Trajectoire et Origine », d’octobre 2010 fait ressortir que 4% des femmes immigrées résidantes en France ont subi un mariage non consenti ! Parmi celles-ci, on trouve principalement des femmes originaires du Maghreb, de Turquie, d’Europe et de quelques pays d'Asie du Sud-Est.

Les femmes ont du mal à se défaire de ces situations. Si elles se révoltent, leurs papiers leur sont retirés. Elles ne peuvent donc plus travailler, étudier, se loger… Les familles et maris font pression sur elles en permanence.

En France, il existe des lois contre ce type de mariage. Le mariage forcé est une atteinte aux droits de l'homme et du citoyen. Citons les articles du code civil :

-      Article 144 du code civil "Le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus" ;

-      Article 146 du code civil "Il n’y a pas de mariage lorsqu’il n’y a point de consentement" ;

-      Article 146-1 du code civil "Le mariage d’un Français même contracté à l’étranger requiert sa présence".

Depuis le 4 août 2014, une loi a été votée en France pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, qui se traduit par l’article suivant :

 -      Article 202-1 du code civil "Quelle que soit la loi personnelle applicable, le mariage requiert le consentement des époux"

Toujours en France, un mariage « forcé » peut être annulé, s’il est prouvé bien sûr.

Dans le monde, l’UNICEF estime que plus de 720 millions de femmes ont été mariées avant leurs 18 ans, ce qui représente dans tous les cas un mariage forcé. A noter que le taux de mariages précoces est le plus élevé en Inde, au Pakistan, au Niger, au Mali…

 

B

  Source : Unicef, Plan international, HRW

Le mariage forcé ne doit pas être confondu avec le mariage arrangé. Celui-ci consiste à se marier avec la volonté des deux personnes concernées, prédisposées, se connaissant et ayant un accord entre elles. A l’origine de ces mariages, on retrouve souvent des enjeux :

  •  financiers, patrimoniaux (succession d’entreprises, gros héritages financiers...) ;
  •  octroi d’une nationalité (mariage blanc) ;
  •  respect d’un milieu social (royauté, aristocratie).

 

  1.2.3- Le travail des enfants dans les mines et les usines

 1.2.3.1 – Le travail des enfants dans les mines

Il débute avant le XIXème siècle. Les enfants sont exploités dès l’âge de 6 ans dans des travaux très durs des mines aux côtés des adultes ; leurs petites mains et leur corps plus mince et agile peuvent se glisser plus facilement dans les galeries souterraines, là où les adultes, plus imposants, ne peuvent pas se faufiler. Ils doivent pousser des wagonnets remplis de charbon, et risquent, à bout de force, de multiples accidents.

Ils utilisent alors des outils mais aussi leurs propres mains afin d’extraire des métaux bruts. Leur santé en subi de lourdes conséquences. D’après « Vision du monde »[2] 87% des enfants ont ainsi des organismes très abimés à cause des émanations d’uranium et de mercure. 67% d’entre eux racontent avoir des toux fréquentes et ont des problèmes importants de peau. Certains travaillent jusqu’à 14 heures par jour dans des conditions terribles de sécheresse et de poussière.

Aujourd’hui encore, cette forme d’exploitation des enfants se poursuit dans le monde.

D’après « Ritimo », magazine pour un monde solidaire,  un million d’enfants de 5 à 17 ans font partie de nos jours des mines et carrières dans le monde. Ces enfants font malheureusement souvent vivre une bonne partie de leur famille. Dans les Andes d’Amérique Latine, en Zambie (Afrique), et à de multiples autres endroits, ces enfants sont exploités.

Selon un rapport de mai 2013 de  World Vision, une ONG humanitaire internationale chrétienne,  les conditions d’exploitation sont dramatiques : un petit « Jean », prénom d’emprunt, s’exprime sur ses journées, en République Démocratique du Congo (RDC), qui commencent à 6h30 pour rejoindre sa maman à la mine, avant d’aller à l’école. Ses tâches sont les suivantes : 

 

  • creusage : avec des pelles et pioches pour créer des puits et des tunnels ;
  • ramassage des fragments de roches poussiéreux sur le sol ;
  • transport de ces fragments ;
  • nettoyage des pierres ;
  • triage du minerai précieux.
  • Même si, officiellement, les responsables de la mine rétorquent que les enfants sont là de leur plein gré, il n’en est, bien-sûr, rien. C’est belle et bien une obligation, une pression sociale et familiale qui les poussent à travailler si jeune.
  •  « Jean » aide aussi sa famille à survivre, ses parents travaillant mais ne gagnant pas suffisamment d’argent pour nourrir l’ensemble des membres. Il ne veut évidemment pas faire ce travail plus tard et s’efforce d’aller à l’école pour faire des études universitaires.
  • Voilà un exemple parmi tant d’autres enfants exploités encore en 2017.
  • D’un point de vue plus général, on estime à 40% la proportion d’enfants de moins de 18 ans travaillant dans les mines de la région du KATANGA, en RDC. Des bébés et enfants de moins de 5 ans sont présents dans ces mines selon World Vision ; ils ne travaillent pas mais sont là car leurs parents n’ont pas de mode de garde (ils « profitent » donc des scandaleuses conditions de travail et leur santé se dégrade rapidement).
  • Et pourquoi est-il largement déconseillé de faire travailler des enfants ?  :
  • ils sont facilement déshydratés ;
  • le cerveau des enfants retient plus facilement les métaux lourds, plomb… ;
  • ils ont besoin de plus de sommeil pour se développer ; ils ont une peau plus fine, qui absorbe facilement les toxiques…

 

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Source:http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/memoires/donnees_expositions/06_11_06-07_07_27_mines/expo_virtuelle/images/peuple_nuit/formation/91_1994-026.jpg

 

   d

http://tnhistoirexix.tableau-noir.net/enfantmine.html

 

1.1.3.2- Le travail des enfants dans les usines

On peut dire que, depuis que le travail existe, c’est à dire depuis toujours, les enfants travaillent dès leur plus jeune âge. Ils aident leurs parents artisans dans les villes  ou sont employés aux travaux des champs. Ils le font la plupart du temps en famille et leur métier leur est attribué de père en fils.

C’est au début du XIXème siècle, avec la création de l’industrialisation (chemin de fer, machine à vapeur, nouvelles techniques industrielles …) que ces métiers de père en fils commencent à disparaître. Une  demande importante de main d’œuvre est nécessaire pour « la révolution industrielle ». Les enfants sont exploités dès l’âge de 8 ans dans les usines mécanisées pour réaliser des travaux qu’aucunes machines ne sont capables de faire. Ils ne sont que très peu payés, en moyenne trois à quatre fois moins qu’un adulte pratiquant le même travail ; c’est pour cela que la plupart des patrons encouragent cette pratique.

Les principales raisons du travail des enfants sont des facteurs économiques et sociaux :

 

  • le remboursement de dettes de la part de leurs parents ;
  • le besoin de revenus supplémentaires pour aider leur famille ;
  • le manque de confiance des parents dans le système scolaire ;
  • l’impossibilité d’assumer le coût des études, notamment dans certains pays où les uniformes, les livres, les transports sont très chers ;
  • l’analphabétisme ;
  • le décès ou l’absence du père ;
  • les enfants abandonnés ou errants ;
  • les conditions de vie très précaires dans certains quartiers pauvres de grandes villes ;
  • le laxisme de beaucoup de politiques qui ferment les yeux sur ces pratiques dégradantes pour les enfants ;
  • les différentes crises économiques mondiales actuelles qui précipitent beaucoup d’enfants de pays pauvres dans la rue ;
  • et beaucoup d’autres raisons…

 

Selon le BIT (Bureau International du Travail), en 2001, on compte 246 millions d’enfants de 5 à 17 ans contraints de travailler dans le monde. La plupart travaille dans l’agriculture, l’artisanat et l’industrie. Il est à noter que cela reste plus que jamais un problème mondial.  De nos jours, les lois existantes sur la limitation ou l’interdiction du travail des enfants ne sont pas bien respectées dans le monde que ce soit dans les grandes entreprises ou dans les petites structures, les petits ateliers où les enfants représentent encore une main d’œuvre très bon marché.

Comme l’exemple de Samsung, géant Sud-Coréen,  qui décide d’arrêter de collaborer,  en 2014, avec un fournisseur chinois qui embauche sur la foi de faux documents d’identité des enfants mineurs qui travaillent illégalement, la nuit (France 24 rubrique économie du 14 juillet 2014). Cette usine est située à Dongguan, à 100 km au Nord de Hong-Kong. Cela fait suite à un rapport de China Labor Watch (ONG américaine) qui a prouvé, témoignages à l’appui, que cette usine emploie des jeunes de moins de 16 ans pour en faire des « enfants-ouvriers ».  Âgés de 14 ans pour la plupart, ils  fabriquent entre 20 h et 8 h du matin, 100 unités de coques de téléphone par heure. Ces cadences infernales sont impossibles à tenir pour leurs petites mains. Sans contrat de travail, la plupart de ces jeunes sont en détresse psychologique et physique.

Autre exemple à noter : d’après une enquête de « Cash Investigation[3] », diffusée le 4 novembre 2014 sur France 2, les smartphones Apple, Samsung, Huawei, Alcatel, Wiko[4] et d’autres sont fabriqués par des jeunes filles de 12 à 13 ans qui travaillent parfois même la nuit. En caméra cachée, un journaliste chinois a réussi à se faire embaucher comme employé dans une usine de Nanchang, en Chine. Il a filmé près d’une centaine d’enfants sur 500 employés. La plupart des entreprises concernées n’ont pas souhaité réagir.

Ces pratiques illégales en Chine sont pourtant répandues mais pas pour autant punies puisqu’elles permettent une main d’œuvre docile et bon marché.

 

e

1.2.4- Le travail forcé                                                   

 Dans le monde, l’OIT[5] considère que près de 21 millions de personnes (communiqué de presse du 01 Juin 2012) sont victimes de travaux forcés. En moyenne, on compte 11,5 millions de filles et de femmes et 9.5 millions d’hommes.

L’OIT, toujours, définit le travail forcé comme « tout travail ou service exigé d’un individu sous la menace d’une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s’est pas offert de son plein gré ».  On parle, là aussi, d’esclavagisme moderne.

Deux moyens d’identifier le travail forcé :

 

  • l’absence de consentement de l’individu (vente d’une personne à un particulier, enfermement sur le lieu de travail,  confiscation des papiers d’identité…) ;
  • une menace : (violence physique, sexuelle, sanctions financières, privation de nourriture, perte du statut social…).
  • Les principaux cas de travail forcé recensés sont les suivants :
  • une servitude par la dette : les prêts d’argent sont un bon moyen pour asservir une personne. Le travail effectué n’est jamais payé, car il contribue simplement au remboursement de cette dette,
  • l’absence de protection par l’Etat : en Birmanie, la population est obligée de travailler pour le régime militaire ;
  • la restriction à la liberté de mouvement : c’est le travail domestique, où des personnes sont enfermés dans des maisons ;
  • les violences, menaces et intimidations : violences physiques et morales, menaces de retrait du logement…

 

Prenons maintenant l’exemple de l’esclavage domestique. La France, comme beaucoup de pays, n'est pas épargnée par le fléau de l’esclavage domestique où les victimes sont vulnérables.

Cette sorte d’esclavage moderne se déroule généralement à l’abri des regards extérieurs et est donc difficilement repérable. Souvent, les victimes sont sous l’emprise de personnes qui tiennent des hôtels dans les riches quartiers des grandes villes mais aussi dans des maisons situées dans des quartiers défavorisés. Elles sont chargées des tâches domestiques : faire le ménage, la cuisine, les courses, s’occuper des enfants…

Les victimes sont souvent mal nourries et mal logées ; leurs sorties sont contrôlées ainsi que leurs fréquentations. Par la contrainte ou par la violence, elles travaillent jusqu’à 18 heures par jour, sans rémunération ou alors vraiment très faible et, dans tous les cas, sans commune mesure avec le travail effectué. Pour ce qui est des victimes étrangères, elles sont également menacées d’être dénoncées aux autorités.

Au fil des ans, le « Comité contre l’Esclavage Moderne » aide des centaines de personnes à sortir de ces situations d’asservissement. Elles durent parfois de très nombreuses années. Près d'un tiers des victimes d'esclavage domestique aidées par le Comité contre l'esclavage moderne sont mineures lorsqu'elles arrivent en France.

Ces très jeunes filles sont traditionnellement, dans leurs propres familles, vouées aux tâches domestiques. Un jour, un proche ou un ami de la famille promet à leurs parents, souvent très pauvres, de scolariser leurs enfants en France. Parfois le futur exploiteur fait miroiter le versement d'un salaire à la famille. Pour  "simplifier" le départ de leur pays d'origine, ces enfants sont tout simplement "ajoutés" sur le passeport de leur « maître » ou sur celui de sa femme, comme un de leur propre enfant. Ils n'ont donc aucune existence légale en dehors de la famille de leurs « maîtres ». Ce changement de nom complique considérablement le travail du Comité contre l'Esclavage moderne pour l'établissement de leur identité propre, quand les jeunes filles sont libérées.

Les signalements sont parfois faits par des voisins qui remarquent la détresse ou la très grande maigreur des jeunes femmes, parfois enfermées sur un balcon un soir d’hiver.

Tous les pays sont là aussi touchés par ce fléau : on peut citer l’exemple de l’Arabie Saoudite dans ce fait divers relaté par le journal « le Nouvel Observateur » le 1er  décembre 2012. Mary, prénom d’emprunt, est une kényane de 29 ans lorsqu’au moment d’une escale à Paris de ses « maîtres », elle en profite pour s’enfuir après 3 ans et 10 mois de mauvais traitements.

Elevée dans la banlieue de Mombasa, au Kenya, elle décroche son bac à 18 ans. Alors que son père lui prédit un mariage « forcé », elle s’enfuit avec une amie en Arabie Saoudite, attendue par une soi-disant famille d’accueil qui cherche un professeur d’anglais. Comme elle le dit, son arrivée à Ryad, en Arabie Saoudite, correspond à son entrée en prison. Son passeport est confisqué à l’aéroport. On lui donne un lit avec deux autres employés : pas de fenêtres, pas de climatisation. Son travail, exigé par une princesse Saoudienne consiste à s’occuper des enfants, les habiller, les accompagner partout, être à leur disposition 24h/24.

Debout à 5 h du matin, elle subit aussi les brimades des enfants : « mets moi mes chaussettes, dépêche-toi ». Elle s’occupe des lessives dans les machines, mais ne doit pas laver ses vêtements. Pour elle, le lavage se fait dans un lavabo. Pas de jours de repos, et un « salaire » équivalent à 125 euros par mois. Sans passeport, ni argent, elle comprend rapidement qu’elle est prise au piège.

Une amie s’est même jetée du haut de la maison, de désespoir. Le pire, pour Mary, ce sont les vacances des enfants : il faut être disponible en permanence, regarder la télé avec eux, mais par terre car elle n’a pas droit au canapé. Lors de « voyages » à l’étranger, elle n’est pas autorisée à sortir. Une lueur pourtant, un jour, lors d’un voyage à Paris : le fils ainé la viole en la menaçant d’un couteau. Dans la précipitation, il oublie de refermer la porte. Mary réussit à s’enfuir.

Un autre exemple : l’Express relate le 22 Novembre 2013 une affaire de séquestration de 3 femmes, dans le sud de Londres, durant 30 ans ! Les victimes sont sorties terrorisées ; une emprise psychologique, des menaces de mort… voilà les ingrédients pour qu’un couple de britannique réussisse à cacher à tout le monde, y compris leurs voisins, une malaisienne, une irlandaise et une anglaise en les faisant travailler à leur domicile.

Toutes ces histoires sont quelques-unes parmi tant d’autres et représentent parfaitement cette forme d’esclavage moderne. 

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1.2.5- L’esclavagisme lié au terrorisme 

C’est une autre forme d’esclavage moderne en développement dans le monde aujourd’hui.

L’exemple de BOKO HARAM :

D’après le GAPS (Groupement d’Analyse Politique et Stratégique), en 2009, le groupe terroriste BOKO HARAM signifie que l’éducation occidentale est un péché. Il souhaite combattre l’occident « infidèle » par le djihad et interdire l’éducation des filles. Cela explique le choix de ce groupe d’enlever des lycéennes qui n’ont pas leur place à l’école, d’après eux ; ils ont, en effet, peur que celles-ci revendiquent, plus tard, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes !

Un dirigeant de ce groupe terroriste s’exprime : « J’ai kidnappé vos filles ! Je vais les vendre comme des esclaves, au nom d’Allah. J’ai dit que l’éducation occidentale devait  cesser, les filles doivent quitter l’école et se marier. Une fille de 12 ans, je la donnerais en mariage, même une fille de 9 ans »

L’exemple de DAECH :

Selon le Huffington Post du 26 août 2015, « l’Islam et l’esclavage sexuel, c’est plus compliqué qu’on ne le pense ». Un programme systématique d’esclavage sexuel de la communauté Yézidie est mis en place par le groupe terroriste Daech. Une véritable « théologie du viol » existe. Daech considère le viol comme « conforme à la religion, mais aussi louable sur un plan spirituel ». Pour eux, la notion de viol ne s’applique pas : la propriété (le fait d’acheter une fille !) légalise les relations sexuelles et le consentement n’a pas lieu d’être.

On peut cependant dire que le projet de Daech repose sur une lecture superficielle de quelques préceptes tirés des textes du Coran. C’est une interprétation des textes existants de l’ISLAM et non un fait acquis.

Selon le témoignage de F (dans le magazine Atlantico du 14 Aout 2015), une jeune Yezidie de 15 ans, libérée d’un camp de Daech après 9 mois d’horreur et de sévices sexuels : « il disait que me violer était comme une prière adressée à Dieu, que c’était halal, que cela lui permettrait de se rapprocher du divin ». C’est désormais une véritable économie de l’esclavage sexuel : ce « marché aux esclaves » a commencé en Août 2014, lorsque l’Etat Islamique a attaqué des villages de la région du Nord de l’Irak. Les filles les plus jolies et les plus jeunes sont achetées dès les premiers jours. Les autres sont directement envoyées dans des camps en Syrie ou en Irak.

Pour poursuivre dans l’horreur, les responsables de Daech ont publié, à  l’été 2015, un « guide » de 34 pages où il est écrit que « violer des prisonnières chrétiennes ou juives est permis ». Leur seule limitation semble être les femmes enceintes. Enfin, et pour en  finir avec l’atrocité pour nous occidentaux, « une relation avec une esclave n’ayant pas atteint la puberté est permis si son corps est adapté aux relations ». 

 

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Sources :https://salembenammar.wordpress.com/tag/allah/ et sources : http://www.presse-dz.com/caricatures-algerie/daech-vend-des-esclaves-sexuelles-dans-les-marches

 

1.3- Les victimes

D’après le CCEM (Comité Contre l’Esclavage Moderne), en 2010, 90% des personnes asservies sont des femmes et 30 % sont mineures au moment des faits.

Il est aussi à noter que 75% des victimes sont « recrutées » directement par leur futur employeur et 25 % par un intermédiaire.

D’après la fondation Free Walk, 58 % des victimes sont issues de 5 pays :

 

  • l’Inde
  • la Chine
  • le Pakistan
  • le Bengladesh
  • L’Ouzbékistan.

 

 

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Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/retour-extremis-histoire-esclavage-dans-programmes-primaire-qui-se-cache-derriere-reticences-francaises-aborder-question-pierre-2378471.html

 

En Europe, la traite des humains est une forme d’esclavage très pratiqué avec 21 millions de migrants. Derrière les différentes formes d’esclavages que nous venons de voir, il ne faut pas oublier qui sont les victimes qui subissent ces crimes : femmes, enfants, hommes sont contraints au proxénétisme, au mariage forcé ou encore au travail forcé…

Le phénomène de migration a entraîné une hausse de l’esclavage moderne. Entre 2010 et 2012, on n’estime pas moins que 65% de ces migrants sont des ressortissants d’un Etat membre de l’Union Européenne. Les migrants souhaitent aller dans les pays où ils pensent avoir la possibilité de trouver du travail, un logement et de vivre dans de meilleures conditions.

Une fois sur place, ils n’ont pas de papiers d’identité, ni de carte verte qui leur permettraient de trouver un travail légalement. Certains arrivent malgré tout à se trouver un travail mais pour la plupart, ils sont sous payés, maltraités ou encore mal-logés … Ils obtiennent un travail illégal (proxénétisme par exemple) ou bien que tout le monde rejette (travail dans les abattoirs, dans des conditions climatiques extrêmes ou encore dans des lieux dangereux ou pollués…).

 

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Ce graphique montre une diminution entre 2010 et 2012 du pourcentage de femmes concernées par l’esclavagisme (59% contre 49%) pendant que les autres catégories (garçons, hommes, filles) augmentent.

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Ce graphique met en évidence le grave problème de la traite des enfants essentiellement en Afrique et Moyen Orient (62% des victimes) mais aussi à un degré moindre, en Asie du Sud et l’Est et du Pacifique (36%).

   

II. L’esclavage moderne dans le monde

Différentes sources quantifient l’importance de l’esclavage moderne dans le monde. Des chiffres très différents sont annoncés comme nous avons pu le voir déjà précédemment. Cela est dû, bien sûr, à la difficulté pour les organisations gouvernementales (OG) et non gouvernementales (ONG) de proposer des statistiques fiables. Par définition, l’esclavage moderne est illégal, donc impossible, ou presque, de le mesurer avec précision. C’est un peu comme lors de manifestations où les chiffres diffèrent si l’on est organisateur ou observateur.

Les classements des pays les plus concernés sont, eux aussi, très différents d’une OG et ONG à une autre. Les gouvernants (responsables politiques) n’ont pas intérêt à ce que les chiffres de leur pays soient trop élevés : cela montrerait qu’ils n’agissent pas suffisamment contre ce fléau ou pas de la bonne façon. Les ONG doivent, au contraire, être le plus exact possible dans leurs statistiques, afin d’obtenir des aides et réglementations  toujours plus importantes.

Ci-dessous un schéma qui montre la répartition de l’esclavage dans le monde en 2013. On voit facilement une concentration des chiffres en Afrique, en Asie mais aussi dans les Pays de l’Est. Il est aussi important de noter qu’une très grande partie des continents est touchée par ce problème.

 

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Nous abordons maintenant la répartition par catégories de pays : pauvres, en développement et développés.

2.1- Les pays pauvres

Selon « Walk Free » dans son rapport Global Slavery Index, l’Afrique est le continent le plus touché par l’esclavage moderne. Il y a 38 pays d’Afrique dans le top 50 des pays touchés par l’esclavage.

Quelques exemples de pays concernés :

  •   le Gabon : les mariages forcés d’enfants et d’adultes sont monnaie courante. Les filles sont souvent victimes de servitude domestique, pendant que les garçons sont « condamnés » à des travaux manuels. L’UNICEF estime que 200.000 enfants seuls sont introduits clandestinement au Gabon pour y travailler ;
  •   la Gambie : de multiples cas de tourisme pédophile ont été mis en avant. C’est principalement l’exploitation sexuelle qui semble dominer dans ce pays. Toujours d’après l’UNICEF, 60.000 enfants sont esclaves aujourd’hui dans ce pays ;
  •   la Cote d’Ivoire : c’est le travail forcé et la prostitution avant tout. Les enfants travaillent dans les mines, la construction, le travail domestique et souvent comme cireurs de chaussures dans les rues ;
  •   le Bénin : ce pays compte environ 80.000 esclaves dans des domaines comme le tourisme sexuel ou le travail domestique. Les enfants travaillent aussi dans les plantations de coton ou de noix de cajou ;
  •   la Mauritanie : ce pays a le taux d’esclavage moderne le plus élevé d’Afrique D’après l’ONG « Walk Free », 4% de la population est réduite à cette forme d’esclavage sur plus de 3,8 millions d’habitants en 2014. Pourtant l’esclavage en général a été aboli en 1981, et, depuis le 13 août 2015, le parlement mauritanien a fait adopter une loi contre l’esclavage moderne. Désormais, il est considéré comme un crime contre l’humanité.

D’autres pays d’Afrique sont touchés. Pour la plupart, les raisons de ces pratiques sont similaires : l’extrême pauvreté, les conflits militaires et les pratiques traditionnelles telles que le mariage forcé et l’esclavage héréditaire.

 

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Les pays d’Afrique les plus touchés par l’esclavage moderne du monde

Ce tableau nous montre que 10 pays d’Afrique se situent parmi les 15 premiers pays à être touchés par l’esclavage moderne.

                                   2.1.2 Les pays d’Asie du Sud Est

Quelques exemples de pays, là aussi, concernés par l’esclavagisme moderne :

  •   le Népal : on estime à 259.000 le nombre de népalais esclaves aujourd’hui. La fin de la guerre civile, en 2006, a débouché sur de la corruption, de la discrimination ethnique et sexuelle.
  •   L’Inde : c’est le pays au monde qui possède le plus grand nombre d’esclaves ! Formé de 1.3 milliards d’habitants, elle possède un nombre considérable d’esclaves modernes avec plus de 15 millions de travailleurs asservis selon un reportage diffusé sur ARTE en mai 2015.

Nous trouvons 5 types d’esclavage moderne présents en Inde : le travail forcé, la servitude pour dette, le travail domestique, l’exploitation sexuelle et le mariage forcé.

La plupart des Indiens n’ont pas de papiers d’identité donc pas d’existence légale. Le problème du trafic d’êtres humains se concentre principalement sur l’exploitation sexuelle des enfants et des femmes, souligné par Walk Free. Les politiciens ne reconnaissent pas les criminalités violentes du travail forcé mais considèrent plutôt cela comme un vestige de la pauvreté. En 1976, une loi indique que le travail forcé est interdit en Inde. Quelques travailleurs sont libérés de leurs obligations. Cependant, la loi n’est pas correctement appliquée. Les victimes ne peuvent pas faire valoir leurs droits car les propriétaires et les trafiquants d’esclaves les en empêchent.

  

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1)http://www.20minutes.fr/monde/1482194-20141117-pres-36-millions-personnes-reduites-esclavage-monde

2) https://i.ytimg.com/vi/Dw3Du_gT4T8/hqdefault.jpg

 

  •   Le Pakistan : 1.8 millions de pakistanais sont esclaves de nos jours et jusqu’à 4.5 millions selon certaines ONG ! là aussi, toutes les catégories d’esclavage sont présentes ; un vrai fléau pour ce pays en proie à la guerre depuis des décennies.

 

Bien d’autres pays sont touchés. Nous ne donnons ici que quelques exemples, les plus marquants pour nous.

Ces pays pauvres, que nous venons de citer, n’ont que très peu de législations contraignantes en place pour lutter contre l’esclavage. Lorsque certains parviennent quand même à légiférer, ils se heurtent souvent à des problèmes comme la corruption, les guerres, les instabilités politiques, les moyens financiers insuffisants etc…

           

2.2- Les pays en voie de développement

Nous citons dans cette partie quelques pays issus de la liste de l’O.N.U, afin de connaître leur situation en termes d’esclavagisme moderne.

2.2.1 - Le Brésil

Le Brésil est un pays en émergence et son économie globale augmente. Les esclaves ne sont plus considérés comme des humains, ce qui entraine un sentiment de déshumanisation.

Les principales formes d’esclavage moderne sont les dettes, le travail forcé, l’esclavage sexuel, les adoptions irrégulières et le mariage forcé.

On trouve souvent les victimes d’esclavage dans les grandes plantations du Brésil, dans les régions oubliées par les autorités ou dans les favelas. Comme partout, un « recruteur » promet un salaire intéressant à des travailleurs pauvres. Il les emmène dans des régions peu accessibles et leurs papiers sont confisqués. Le salaire est tellement faible qu’il ne suffit pas pour faire les courses dans le seul endroit autorisé par le propriétaire : son propre magasin alimentaire. L’endettement commence et le cercle vicieux se met en place. 

Depuis de nombreuses années, le Brésil organise une lutte mondiale contre les mauvais traitements et l’éradication de ces formes d’esclavages. Des lois ont été mises en place ainsi que des organisations pour la prévention, la répression ou encore l’assistance. De plus en plus d’affaires ont été traitées et dénoncées.

2.2.2     La Thaïlande 

Selon le Global Slavery Index, 425.500 personnes sont asservies dans ce pays en 2016. Le secteur le plus touché est celui de la pêche, accusé par les Instances Européennes de graves maltraitances envers les adultes mais aussi les enfants. Une menace de boycott des productions de crevettes et de thon par les pays développés n’a pas suffi.

Des cas d’abus, de privation de nourriture et de sommeil, des abandons en pleine mer ont même été rapportés récemment. On retrouve surtout des migrants birmans ou cambodgiens qui, en situation irrégulière et attirés par des promesses de travail bien rémunéré, n’ont d’autres choix que d’obtempérer. 

C’est à l’abri des regards des autorités, qu’en Thaïlande, on compte 82% de domestiques immigrés. 45% des jeunes migrants travaillent sur des bateaux de pêche, victimes de travail forcé. La plupart doivent travailler 12 heures par jour et très souvent 7 jours sur 7 avec un salaire plus que minable et interdit par la loi ce qui constitue une violation de la législation Thaï. Les employeurs préfèrent embaucher des migrants ou des enfants car ceux-ci sont meilleurs marché.

 

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L’autre fléau, en Thaïlande, est bien sûr le tourisme sexuel. Véritable plaque tournante mondiale, ce pays semble s’accommoder depuis des décennies d’une situation qui asservie toujours plus d’enfants de sa communauté. La prostitution est illégale mais tolérée y compris pour les enfants. Les différents gouvernements ne luttent pas vraiment, face à une industrie qui représente 14 % du PIB.

 

2.2.3 La Chine

 

La chine est le pays le plus peuplé au monde (environ 1,3 milliards d'habitants)

Près de 60% des 45.8 millions de victimes de l’esclavage moderne vivent en Asie. La Chine est le deuxième pays du monde par son produit intérieur brut derrière les Etats-Unis. De très nombreuses entreprises mondiales délocalisent leur production en chine où le niveau de vie est bas.

Certaines usines utilisent la main d'œuvre locale comme des esclaves, dans des conditions de travail très rudes.

Des universitaires de Chine ont fait une étude et recensent 6 problèmes majeurs :

     Les bas salaires et la durée de travail excessive, même si la durée légale du travail est de 44 heures par semaine, il n'est pas rare de voir des individus travailler 60 heures et parfois 80 heures hebdomadaire ;

  •    Les ordres militaires, l’exigence d’obéissance absolue, les punitions et les harcèlements inhumains ;
  •    Le manque de prévention et de traitement des maladies professionnelles et des accidents du travail ;
  •    L'exploitation des étudiants stagiaires et des mineurs ;
  •    La sévérité dans la gestion des dortoirs des ouvriers ;
  •    L'inefficacité ou l'absence des syndicats

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Source : http://blogenrade.canalblog.com/archives/2006/02/07/1339258.html

Par exemple, l'entreprise Foxconn qui emploie plus d'un million de personnes est au cœur de cette étude universitaire. 13 de ses salariés se sont suicidés, et d'autres ont subi des violences physiques. Aujourd'hui l'entreprise a fait mettre des filets autour des fenêtres pour éviter les suicides mais n'a pas changé ses conditions de travail.

De plus, l'organisation China Labo Watch a dénoncé, dans un rapport, les conditions de travail dramatiques dans une usine d'un sous-traitant chinois d'Apple. Elle y décrit "les bas salaires, les longues journées de travail, les heures non payées, les mauvaises conditions de sécurité et les conditions de vie misérables". L'enquête a été réalisée dans une usine de Shanghai du groupe Pegatron.

Selon China Labo Watch, après leur journée de travail, les employés, logés dans l'entreprise, sont par ailleurs conduits dans des dortoirs bondés et insalubres, équipés de lits "infestés de punaises". 

Au total, le rapport recense "une vingtaine de violations" au droit du travail et il vient s'ajouter à plusieurs études dénonçant les conditions de travail dans les usines chinoises opérant pour Apple.

Le scandale provoqué par la découverte de centaines de travailleurs réduits en véritable esclaves dans des briqueteries chinoises a eu au moins un mérite: provoquer, pour la première fois, un débat à l’échelle nationale sur les conditions de travail dans cette Chine devenue l’atelier du monde.

Les enfants sont, eux aussi, victimes de ses conditions de travail abominables. Un scandale a éclaté en 2007 dénonçant la vente d'un millier d'enfants comme esclaves pour travailler dans des briqueteries du centre de la Chine.

Situées dans les provinces du Shanxi et du Henan, ces briqueteries sont conçues comme des prisons, protégées par des chiens méchants et des gardes qui battent les enfants.
La télévision a montré ces enfants, pour la plupart des garçons, dormant sur des briques à l'intérieur des ateliers, dont les portes restent fermées de l'extérieur. Impossible de s'échapper par les fenêtres, toutes équipées de barreaux.

«Selon nos évaluations, au moins 1000 mineurs du Henan ont été enlevés et contraints à des travaux harassants dans des briqueteries du Shanxi», a déclaré un journaliste.

(Sources: Marianne, le Parisien, Esclavage moderne.org, le nouvel Obs)

 

2.2.4- le Maroc 

Selon le magazine Yabiladi (17/11/2014) relatant un chiffre de la fondation Walk Free, 158.400 cas d’esclavage moderne sont recensés dans ce pays, soit 0.48 % de la population totale. Il s’agit de traite d’humains, d’exploitation sexuelle, de travail forcé et de mariage forcé. La fondation va jusqu’à affirmer « qu’il y a des pratiques gouvernementales et des politiques qui facilitent l’esclavage ».

D’ailleurs, ce pays obtient la note très médiocre de 23,13 /100 pour ce qui est de sa lutte contre l’esclavagisme et fait ainsi partie de la catégorie la plus mauvaise. D’après le magazine Al Huffington Post du 15 juillet 2015, 60.000 à 80.000 fillettes de 8 à 15 ans sont exploitées comme domestiques au Maroc, avec en moyenne 32 heures de travail par semaine, soit 14 heures de moins que les plus de 15 ans.

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Source : 1) http://www.vsd.fr/les-indiscrets/maroc-voyage-au-coeur-de-la-pedophilie-4459

2) http://www.kedistan.net/2015/11/14/le-reve-du-petit-cireur-de-chaussures/

Un espoir cependant : 9,7 % des enfants travaillent en 1999. Ce chiffre baisse considérablement en 2014, avec 1,5 %.

2.3- Les pays développés 

2.3.1- Les Etats-Unis

On pourrait croire que l'esclavage n'existe plus dans un pays aussi puissant et développé que les Etats Unis. Il a été aboli à la fin de la guerre de sécession (1861-1865) suite à l'adoption du 13ième amendement de la constitution.

Plusieurs entreprises de confection installées à Saipan (île américaine du Pacifique) font actuellement l'objet d'un procès. Les plaintes portent sur des mauvais traitements, des salaires impayés et des atteintes aux Droits de l'Homme. De jeunes Chinoises sont recrutées pour partir travailler en "Amérique", avec promesse de gagner beaucoup d'argent rapidement, moyennant un paiement initial de 5000 dollars.

Leur rêve s'achève dans une fabrique de polos made in USA (notamment pour la société d'habillement Gap), réduites à un quasi-esclavage. Elles doivent s'engager à ne pas tomber enceinte ni être malade et il leur est interdit de parler aux journalistes. Leurs quotas de production augmentent chaque semaine et les heures supplémentaires sont obligatoires. Un garde note chaque soir les retards et les absences dans les dortoirs. Depuis un dépôt de plainte de l'association américaine Global Exchange, les fils barbelés autour des dortoirs et des usines ont disparu…

2.3.2- L’Allemagne

En Allemagne l’exploitation d’étrangers se fait en très grand nombre.

20% des entreprises sous-traitantes qui fournissent la main d’œuvre pour les abattoirs, sont des réseaux criminels. Ils endettent les migrants pour la plupart Vietnamiens, Bulgares et Roumains … et les incitent à travailler durement, et dans des conditions de vie insupportables. Malgré un travail acharné et très fatigant, le salaire des employés est, en moyenne, de 3 euros bruts de l’heure. Des témoins affirment que leurs heures de travail représentent parfois 17 heures par jour. Des casernes entourées de barbelés ont été aménagées pour les employés du secteur de la viande, afin d’être près de leur lieu de travail. 2000 lits partagés y sont loués (200 euros par mois) et les lieux sont sécurisés (il faut posséder un pass).

Leur vie est consacrée à l’abattage de porcs. Même les travailleuses enceintes qui ne possèdent pas de protection sociale, puisqu’elles n’ont pas d’argent, ne peuvent pas rentrer chez elles. C’est ainsi que tout est prévu pour qu’il y est le moins de contacts entre les employés et l’extérieur. De nombreux droits ont été réclamés afin d’obtenir un salaire d’au moins 8.50 euros de l’heure et la présence d’un inspecteur, afin de ne pas cacher les malfaisances de la société.

Ce travail est aussi proposé aux citoyens allemands, qui, pour la plupart, refusent à cause d’une cadence de travail infernale et exténuante, d’un salaire trop peu élevé et des heures de travail trop importantes.

 

 III.  Comment malgré les lois, peut-il y avoir encore de l'esclavage moderne en 2017 ?

 

3.1- Les lois, textes et conventions internationales

Citons tout d’abord quelques-unes des lois, textes ou conventions internationales :

  •  La convention relative à l’esclavage, 1926 ;
  •  La déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948 ;v  La convention Européenne des Droits de l’Homme, 1950 ;
  •  La Convention 105 sur l’abolition du travail forcé, 1957, par l’OIT ;
  •  La convention sur l’élimination de toutes formes de discriminations à l’égard des femmes, ONU, 1979 ;
  •  La convention Internationale relative aux droits de l’enfant, ONU, 1989 ;
  •  Convention 182 sur les pires formes de travail des enfants, OIT, 1999 ;
  •  La Convention Internationale sur la Criminalité Organisée, ONU, 2000 ;
  •  Le Bureau International du Travail : le travail forcé en France : étude préliminaire, 2003 ;
  •  La Conférence STOP sur la traite des mineurs non accompagnés dans l’Union Européenne, 2003 ;
  •  La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU et son rapport sur les travailleurs domestiques migrants, 2004 ;
  •  La Convention relative à la lutte contre la traite des êtres humains par Le Conseil de l’Europe,  Mai 2005 ;
  •  La Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains, qui a lieu le 30 juillet de chaque année.

…et des dizaines d’autres textes rédigés ou conférences au niveau international depuis plus d’un siècle, mais aussi au niveau national.

  

Sources :

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1) https://palabres.hypotheses.org/files/2015/05/proclamation-du-gouverneur.jpg

2) https://jeffekol.wordpress.com/2009/09/12/s2/

3)http://lesnewsdebalzac.over-blog.com/article-l-abolition-de-l-esclavage-99243983.html

En France, des associations sont les premières à avoir attiré l’attention des institutions de la République comme le Comité Contre l’Esclavage Moderne (CCEM) qui, en 2001 sollicite l’Assemblée Nationale afin qu’un rapport d’information, le premier sur ce sujet, soit préparé sur la lutte contre les différentes formes d’esclavage aujourd’hui (Christine Lazerges, Alain Vidalies, Rapport d’information, L’esclavage aujourd’hui en France, Assemblée nationale, 2001/3459). Le rapport, adopté à l’unanimité, porte un titre fort, «L’esclavage aujourd’hui en France». En 2010, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) publie à son tour un rapport sur « La traite et l’exploitation des êtres humains en France » (CNCDH, La traite et l’exploitation des êtres humains en France, La documentation française, 2010).

Entre temps, la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, dite de Varsovie, est adoptée en 2005 ; la France la ratifie en 2008. La Convention de Varsovie est suivie d’une directive 2011/36 du Parlement Européen et du Conseil remplaçant une décision-cadre de 2002. En France, la transposition de la directive de 2011 est opérée par la loi n°2013-711 du 5 août 2013.

Ces textes sont un élément des politiques à conduire pour mieux contrer les pratiques d’esclavage moderne.  Un plan d’actions, national pour lutter contre la traite des êtres humains (2014-2016), a été adopté le 14 mai 2014 en Conseil des ministres, en France toujours.

 

3.2- Les Organisations Internationales, les associations et ONG

Face à l’existence de l’esclavage moderne, de  nombreux acteurs luttent contre la traite des êtres humains. Ils agissent à l’échelle mondiale, européenne et nationale. L’ONU[6] est le plus grand organisme qui défend les victimes de l’esclavage moderne, principalement les victimes de travaux forcés. Mais d’autres organisations telles que l’OIT[7], l’UNESCO[8] protègent le travail des enfants mais aussi les adultes.

Voici la liste des principales Organisations Internationales, ainsi que leur rôle respectif.

Noms

Objectifs

Liens internet

Organisation des Nations Unies (ONU)

 

organisation internationale regroupant quasiment tous les Etats de la planète et ayant pour finalité la paix internationale. Son action en faveur des droits de l’Homme la conduit à traiter des questions liées au travail forcé et à l’esclavage contemporain.

 

 

http://www.un.org

 

Organisation Internationale du Travail (OIT)

 

Institution spécialisée de l’ONU qui rassemble gouvernements, employeurs et salariés de ses Etats membres dans le but de promouvoir le travail décent à travers le monde. Elle œuvre notamment contre le travail forcé et le travail des enfants.

 

 

http://www.ilo.org

 

Bureau International du Travail (BIT)

 

Secrétariat permanent de l’Organisation internationale du Travail. Son siège est à Genève.

 

http://www.ilo.org

 

Conseil de l’Europe

 

Organisation gouvernementale européenne, dotée d’une personnalité juridique, qui agit en faveur de la protection des droits de l’Homme et de la prééminence du droit en Europe, notamment par le biais de normes juridiques.

 

 

http://www.coe.int

 

Confédération Syndicale Internationale (CSI)

 

Organisation syndicale internationale regroupant 305 organisations syndicales actives dans 151 pays et représente plus de 175 millions de travailleurs.

 

http://www.ituc-csi.org

 

 

Voici maintenant la liste des principales associations et Organisations Non Gouvernementales (ONG),

Là aussi, des dizaines d’organisations se battent au quotidien pour venir en aide aux nombreuses victimes de l’esclavagisme moderne, tant au niveau mondial, que régional voir local (dans chaque ville, chaque quartier…)

Noms des associations

Liens internet

UNICEF

 

https://www.unicef.fr

 

Route de l’esclave (UNESCO)

 

http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/dialogue/the-slave-route

 

African  Passages (Unesco)

http://spinner.cofc.edu/unescoafricanpassages

 

Comité pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage

http://www.comite-memoire-esclavage.fr

 

Route des Abolitions de l’Esclavage et des Droits de l’Homme

http://www.abolitions.org

 

Centre International de Recherches  Esclavages (Cnrs)

http://www.esclavages.cnrs.fr

Association Anneaux de la Mémoire

http://anneauxdelamemoire.org

Archives nationales d’outremer

http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anom

 

Paroles d’esclavage

http://www.parolesdesclavage.com

 

Mémoire St Barth | Histoire de l’Ile de Saint-Barthélemy

http://www.memoirestbarth.com

SPIDH, secrétariat international permanent droits de l’homme et gouvernements locaux

 

http://www.spidh.org

 

Vision du monde

World vision

http://www.visiondumonde.fr

https://www.worldvision.org/

 

Walk Free Fondation

 

 

http://www.walkfree.org

 

 

3.3- Pourquoi l’esclavagisme moderne existe-t-il toujours ?

Les différentes lois ou textes sont en place depuis des décennies et pourtant on parle toujours d’esclavagisme. Parmi les nombreuses raisons que nous pouvons mettre en avant :

 

  •   La difficulté d’application de ces lois : nous l’avons vu précédemment, l’esclavagisme existe sous de nombreuses formes : travail forcé, mariages forcés, exploitations sexuelles etc…Partout dans le monde, les moyens de contrôle manquent pour mettre fin à ces trafics. Les ONG ont les plus grandes difficultés pour infiltrer les organisations illégales, les particuliers qui embauchent des travailleurs asservis : c’est ce que l’on peut appeler la difficulté de la preuve ;
  •   La dangerosité des organisations responsables de l’esclavagisme : tout notre travail depuis le début de ce dossier montre que les terrains propices à l’esclavagisme sont situés principalement dans des pays ou régions très déshérités, parfois enclin à la guerre ; comment prouver le comportement inhumain de l’organisation terroriste DAECH aujourd’hui, par exemple ? ;
  •   Les gains énormes générés par l’esclavagisme, pour les propriétaires, les « maîtres », bien sûr. Les sommes les plus invraisemblables circulent dans le monde et se chiffrent en milliards de dollars. Il s’agit d’une économie que l’on appelle « souterraine », c’est-à-dire qui contourne les lois économiques et financières des pays ;
  •   Les différentes crises économiques mondiales : à chaque fois, des milliers de familles tombent dans la pauvreté, en Europe mais aussi partout dans le monde, ce qui crée les conditions d’exploitation notamment des familles concernées et par conséquence de leurs enfants ;
  •   Les guerres civiles et religieuses, notamment en Afrique : là aussi, les populations sont déplacées, exploitées et les plus « chanceux » parviennent à s’enfuir dans les pays occidentaux où ils retrouvent parfois l’esclavagisme moderne ;
  •   Les difficultés de concertation entre les différentes organisations internationales, nationales voir locales : comment lutter efficacement contre des dizaines voire centaines d’organisations en même temps, qui sont en plus capables de se déplacer, de changer de dirigeants, de nom d’organisation etc… ;
  •   Les difficultés de faire travailler des gens ensemble : problèmes de langues, de croyances religieuses etc…On le voit sur beaucoup d’autres sujets (l’environnement, la faim dans le monde…), les intérêts de certains pays ne correspondent pas aux intérêts d’autres pays, d’où les difficultés à s’accorder sur une réelle politique mondiale de l’esclavagisme ;

 

  ….Et beaucoup d’autres raisons qui expliquent toujours la présence et le développement de l’esclavagisme aujourd’hui…

           

 

3.4- Les différentes interprétations de la notion de travail par les acteurs économiques d’aujourd’hui

La « Loi Travail » présentée, en 2016, par Myriam El-Khomri, Ministre du Travail du Gouvernement Français actuel, est véritablement le symbole de l’incompréhension entre les différentes parties prenantes décisionnaires de l’économie Française.

Elle semble avoir cristallisé, « réveillé » les animosités entre les syndicats patronaux, les syndicats ouvriers, les hommes politiques et les différentes organisations nationales. Plus que jamais, certains (les syndicats ouvriers principalement) vont considérer que les relations avec le patronat évoluent de plus en plus vers de l’exploitation, voire de l’esclavagisme. Leurs principaux arguments sont les suivants :

 

  • En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire (donc très insuffisant selon eux), si l’ancienneté va au-delà de vingt ans de présence dans l’entreprise, ce qui devient de plus en plus rare ! ;
  • Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail : (comme cela le patron pourra décider de rémunérer à n’importe quel prix sous peine de menace de licenciement) ;
  • Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques : (la notion du salarié jetable est évoquée !) ;
  • Une mesure peut être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats (façon de se débarrasser des syndicats) ;
  • Pour les apprentis, dans le cadre de la réforme, il serait possible de travailler 10 heures par jour, contre 8 aujourd'hui. La réforme permettrait ainsi de passer à une durée hebdomadaire de travail de 40 heures par semaine, contre 35 heures aujourd'hui pour les apprentis.
  • Les heures supplémentaires donnent lieu, aujourd’hui, à une majoration de salaire de 25 % pour chacune des huit premières heures supplémentaires. Les heures suivantes sont ensuite majorées à hauteur de 50 %. Mais désormais, avec la Loi, des accords de branche peuvent faire baisser cette majoration à hauteur de 10 % (minimum).
  • Et d’autres mesures qui, pour les syndicats ouvriers, contribuent davantage à l’exploitation des travailleurs…
  • Les parties favorables à cette Loi, les organisations patronales et le Gouvernement, principalement, voient, de leur côté, un certain nombre d’avantages :
  • la confiance des PME pour l'embauche augmente : d’après eux, faciliter les licenciements revient à développer l’embauche… c’est l’une des principales  cause de désaccord entre les parties ;
  • les négociations internes permettent de retisser le lien entre salariés et employeurs : là où les patrons voient la possibilité de rediscuter avec l’ensemble de leur personnel, les syndicats ouvriers considèrent cette mesure comme la volonté de les écarter des discussions régulières. Là aussi, tout est question d’interprétation.

 

  

Nous voyons bien, à travers ces quelques exemples que les modifications sociales décidées dans un pays comme la France sont très diversement appréciées en fonction du côté où l’on se trouve. Là où certains vont voir des  avancées sociales, économiques…, d’autres vont considérer que les mêmes sujets vont asservir les ouvriers et les réduire parfois de plus en plus à l’esclavage.

Le mot peut paraitre fort si l’on s’en réfère aux différentes formes d’esclavage que nous avons décrites tout au long de ce dossier, mais pour certains en France, ce terme d’esclavage moderne s’applique parfaitement à cette Loi.  Si l’on compare cette Loi aux travaux forcés des enfants dans les mines, aux exploitations sexuelles des esclaves Yezidies de DAECH etc…nous devons grandement pondérer ce terme d’esclavagisme moderne pour la Loi Travail.

 

Conclusion générale

 

Malgré l’abolition de l’esclavage classique en 1848, on retrouve de nos jours, un esclavage moderne pas si diffèrent de l’origine. Il se développe dans les pays pauvres mais aussi dans les pays en voie de développement ou dans les pays développés.

On peut maintenant affirmer qu’il existe plusieurs formes d’esclavages modernes qui ont évolué au fil du temps. On peut citer :

 

  •  le proxénétisme ;
  •  les mariages forcés ;
  •  le travail forcé ;
  •  la servitude de dettes…

 

L’esclavage moderne utilise, en plus, aujourd’hui les nouvelles technologies comme les réseaux sociaux, les moyens de communications modernes et de productions industrielles. Même nous, nous sommes responsables de l’esclavage moderne à travers notre consommation ; nous devons donc être vigilant.

Dans le monde, de nombreux acteurs tels que l’ONU, l’OIT, UNESCO…, et des dizaines d’autres organisations, luttent contre l’esclavagisme moderne. Mais cela ne semble pas suffir. Les enjeux économiques, financiers, politiques mais aussi les luttes de territoire, les guerres religieuses ou non, les traditions très fortes dans certains pays, sont autant de frein à cette lutte.

Comme nous l’avons vu dans la Loi Travail, en France, beaucoup de décisions sont sujettes à interprétation en fonction du point de vue qui est le nôtre. Si nous sommes plutôt en faveur de l’action syndicale, nous pouvons considérer cette Loi comme permissive, qui va à l’encontre des intérêts des salariés. Si au contraire, nous sommes davantage positionnés côté patronat, nous trouvons que cette Loi est favorable aux développement des entreprises, et donc aux ouvriers.

Il en est de même au niveau de l’esclavage. Les victimes sauront rapidement reconnaître leur situation de soumission alors que les « maitres » verront davantage une situation de « management », certe brutale, humiliante, illégale, dégradante pour l’individu.



[1]http://www.canalblog.com/cf/my/?jl=x4qbwdqBhoLZgJfs2p2DwtKKzMrHw5nYxs%2FFnoXe1YGF3s%2Beh8%2FSlY%2Fd2paF2cXR

[2] 1ère  ONG de parrainage d’enfants

[3] Reportage télé

[4] Marques de téléphone

[5] Organisation internationale du Travail

[6] Organisation des Nations Unies

[7] Organisation Internationale du Travail

[8] Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture